Rédigé par la fine plume de Thomas :
Le samedi 28 mars, nous sommes montés depuis Valorcine vers le refuge de la Loriaz. Ambiance décontractée et joyeuse, la mayonnaise semblait déjà prendre et laisser envisager un sale week-end dans un cadre horrible : le refuge de la Loriaz, ses dortoirs croulant sous la neige et ce petit refuge plein de charme au milieu de ce désert blanc, face à l’Aiguille Verte. L’occasion pour Paul de nous conter une de ses dernières ouvertures.
Une fois un petit verre et un tour de table partagés au refuge, mes craintes semblaient se confirmer. Direction le Charmoz. Après un passage encordé sur une arête et une coupe de neige bien trop riche en petites astuces pour que je prenne la peine de vous la détailler, nous décidons de nous laisser aller dans une face Est, direction la combe à l’Ours. Neige fraîche, aucune trace, la sensation de skier comme des profs… bref horrible, vous disais-je. Même quand on essaye d’attirer l’attention avec une chute façon pied-tête, on est tout de suite effacé des tablettes par Mr Bonhomme, qui tient forcément à faire mieux que vous !!

Puisque nous sommes là pour souffrir, autant remonter pour se refaire un couloir parallèle. Rien à faire : deuxième descente, et là encore cette foutue neige fraîche. En guide consciencieux, Paul part devant et finit là encore avec son mouvement signature pour nous ouvrir la voie. Difficile de savoir si c’est une jambe ou un bras qui se lève, mais c’est bon, ça semble être le signal. Chacun, avec son style, dévale la pente avec des sourires jusqu’aux oreilles… âmes sensibles s’abstenir !

Sur la route du refuge, petits cours de virages sautés façon Bonhomme. Chacun s’exécute et remonte la pente, impatient de récupérer le petit truc, le petit conseil qui fait la différence. État d’esprit décontracté et envie indéniable pour chacun de progresser… à vomir !!!

Comme si cela ne pouvait pas suffire, imaginez une soirée constituée d’une grande tablée à rigoler toute la soirée, où chacun participe et où vous assistez à un showcase a cappella de Creep façon Lacombe à 2000 m d’altitude. Vous imaginez cet affreux tableau ? Alors rajoutez à ça un ou deux derniers verres sous les étoiles à refaire le monde de la montagne, et vous devriez partager ma définition de l’horreur.

Place au dimanche maintenant : on retourne au Charmoz, par l’ Ouest cette fois-ci. Évolution sur arête en corde tendue direction le sommet, et toujours ce M. Bonhomme à distiller ses conseils aussi pédagogiques que pertinents… infect. Il est l’heure de la descente, face ouest, sur une neige tassée et dure au milieu des boulettes : voilà enfin un peu de “plaisir”. À peine le temps de savourer ce doux bruit de grattement sur neige dure que nous filons au col de la Terrasse puis au col de Sassey.


Damnation, encore cette sacrée poudreuse vierge ! On ne reconnaît plus le massif du Mont-Blanc : où sont passés ces chercheurs d’or blanc ? Ici, tout est si calme et paisible…

Descente au refuge puis au parking, avec un petit air de ski sanglier, et il est enfin temps de se quitter. Je ne vous dis pas au revoir ni merci : des week-ends comme ça… plus jamais !










